Piano solo – Fondation Cartier

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16e6badbb152d059ee9db5665f26564135803838Si vous êtes à  Paris, ne ratez pas la magnifique exposition « Congo Kitoko » sur les peintres Congolais (RDC) à la Fondation Cartier où j’ai eu le plaisir de jouer en piano solo le 08 octobre dernier. Voici quelques images tournées le soir du concert.

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Ray Lema renoue avec ses racines congolaises

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Depuis plus de trente ans, Ray Lema n’était pas retourné chez lui. « J’irai au Congo quand je pourrai y jouer sur un vrai piano », affirmait-il récemment. Il est pourtant parti à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), et y a joué du piano. Devant des jeunes musiciens et des enseignants de l’Institut national des arts (INA), une sorte de conservatoire en déliquescence.

Un prétexte artistique a eu raison des blocages du musicien. Une création commandée par Détours de Babel, présentée en ouverture de la deuxième édition du Festival des musiques du monde contemporain (23 mars-7 avril, à Grenoble et dans l’Isère). « Sur ce projet, l’idée est de passer, à travers Ray Lema, des musiques traditionnelles aux musiques modernes », explique Benoît Thiebergien, directeur artistique de ce festival privilégiant les « créations croisées et transculturelles », qui a pris la suite des 38e Rugissants et du Grenoble Jazz Festival en 2011. Dans Station Congo, il y aura des « machines », et – fait rare – Ray Lema jouera de la guitare.

Il a réuni des musiciens installés en Europe (dont le Congo-Bruxellois Fredy Massamba) et d’autres qui feront le voyage depuis la RDC. A Kinshasa, Ray Lema a écouté des rappeurs et des musiciens traditionnels. Il a retenu KMS, un duo de tchatcheurs à la parole libre, engagée, capables de passer en souplesse du lingala au français. Il a convoqué des musiciens luba du Kasaï All Stars, un collectif de la province congolaise du Kasaï. Alors que certaines traditions musicales ont disparu au Congo, celles des Luba sont restées intactes, selon Ray Lema. « Ce retour a été une succession de chocs émotionnels », confie le musicien, qui est allé se recueillir sur la tombe de sa mère, dans le village où il est né en 1946, dans le bas Congo.

Savant fou

A Kinshasa, il a été horrifié par l’état de l’hôpital général, où « il faut enjamber des corps dans les couloirs », atterré de constater que le Ballet national, à la naissance duquel il avait oeuvré, au début des années 1970, ne possédait aucune archive. Cette création lui a permis de renouer avec les siens, se réjouit-il, lui que l’on perçoit souvent là-bas « comme un savant fou, la tête perdue dans les nuages ».

Après cette reprise de contact, il a bien l’intention de revenir. « Je veux ramener des instruments, organiser des workshops à l’INA. » Quant à la manière dont sa création s’inscrit dans la thématique voulue par le festival (Musiques en résistance), s’il admet que la musique est une force de survie au Congo, il se méfie des « slogans ». « Chez nous, on dit que c’est de la gromologie. » Le comble du musicien ? « Que chacun prenne son pied. Là est l’essentiel. »

LE MONDE | 22.03.2012

Par Patrick Labesse

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