RAY LEMA QUINTET « HEADBUG » NOUVEL ALBUM !

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RAY LEMA Nouvel album  « HEADBUG »

Sortie le 22 Avril 2016 ( One Drop / rue Stendhal)

En concert le 26 Mai au festival Jazz à  Saint-Germain-des- Près (Paris)

Ray Lema "Headbug"Featuring : Etienne Mbappe , Nicolas Viccaro , Iving Acao ,

Sylvain Gontard .  Special guest : Manu Dibango

« Le Jazz n’est pas une musique, c’est une attitude » : c’est une phrase de Miles Davis que Ray Lema a fait sienne, car elle correspond à la manière dont il envisage la pratique du jazz. Ray Lema ne se considère pas comme un jazzman, mais préfère mettre en avant son travail de compositeur à l’écriture singulière, à travers la pratique d’un jazz décomplexé et personnel, qui ne cherche pas imiter les américains. Une musique portée par l’esprit de groupe, où la fraternité et l’entente sont au service d’un discours créatif et imaginatif.  Un groupe cohérent, où chaque musicien est à l’écoute de l’autre, et joue avec l’autre, dans tous les sens du terme. Une tribu soudée, où la basse et la batterie construisent les fondations, le piano, les indispensables ornements, et où le saxophone et la trompette partent dans des envolées lyriques dans d’entêtants contre-chants simultanés. Une formation, où la musique circule librement, mais dans une direction précise, guidée par l’énergie du groove, le sens de la mélodie, et une subtile recherche harmonique. Des compositions originales écrites pour un quintette exceptionnel et multiculturel qui, quatre ans après un premier essai concluant (« VSNP »), revient avec force et fracas dans la cour des grands du jazz.

Si « Headbug » signifie « Prise de tête », ce n’est pas pour qualifier l’ensemble de cet album fluide, limpide, et remarquablement bien construit, mais uniquement le titre éponyme qui ouvre le disque, où Ray Lema s’est effectivement « pris la tête » pour trouver une structure harmonique cohérente et efficace pour magnifier ce morceau au groove particulièrement dynamique et foisonnant. Une entrée en matière exemplaire qui va se prolonger tout au long de cet album riche et varié, où l’afro-beat irrésistiblement dansant, peut céder la place à de belles mélodies sous forme de langoureuses ballades sensibles (Nâab, Ulagaresh). Un jazz africain porté par des rythmes acrobatiques, qui s’amuse à faire des clins d’œil au Brésil, à travers une relecture très originale de « Samba De Uma Nota So » de Jobim et une composition insolite où se marie funk et samba : « Mira ». Un jazz dense et multiple qui arrive à marier rythme afro-cubain et chanson française (Mon Bel Amour) et à rendre un très bel hommage à l’ainé, au grand frère, le marabout de la musique africaine : Mr Manu Dibango, impressionnant (et inattendu) au Marimba dans « No Hiding ».

« Headbug » propulse le jazz hexagonal hors des sentiers battus, vers des rivages aux formes et aux couleurs musicales rarement explorées, pour un voyage aux paysages luxuriants et touffus, où l’énergie côtoie la poésie dans le meilleur des mondes.

Lionel Eskenazi

 CONTACT PROMOTION : SOPHIE LOUVET 06 84 40 61 51 louvetso@wanadoo.fr

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septembre 2014

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Septembre 2014 est déjà là … l’été a été mouvementé, concerts, rencontres, beaucoup de musique. La rentrée s’annonce elle aussi chargée.

Le 18 septembre, le quintet sera au Festival de Jazz Saint-Rémy de Provence et le 19 nous nous envolerons pour Rabat au Maroc avec le Nzimbu Project qui donnera un concert en hommage à notre très regrettée amie et collaboratrice Sarah Hajlblum qui nous a quitté fin juillet. Le concert se déroulera à la salle La Renaissance, ainsi que Sarah l’avait souhaité et organisé. Ce sera notre façon à nous de lui dire aurevoir et lui exprimer toute la tendresse que nous avons pour elle.

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Le 28 septembre, vous pourrez également retrouver le quintet en concert à Limoges aux Francophonies en Limousin. Enfin, vous pourrez enfin écouter le CD « Essengo » que nous avons enregistré avec les 350 enfants de l’Ain pour le projet Au fil de l’Air.

Quant à octobre … il vous faudra attendre encore un peu …

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JAZZ À MILLAU … les photos

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Les concerts c’est la musique, le plaisir de jouer avec mes musiciens, le partage avec le public et c’est aussi la rencontre avec les photographes ! j’adore la photo, j’aime les belles photos, et j’aime le regard que portent les photographes sur les concerts, chacun avec sa sensibilité. Tout au long de ma carrière j’ai croisé ces artistes, les photographes. Avant , il était assez compliqué pour nous de récupérer les photos, avec le numérique, c’est plus simple, et je peux ainsi les partager avec vous. Régulièrement, nous mettons les photos en ligne sur ce site, à la rubrique photo. Désormais, je leur consacrerai aussi un article relayé sur les réseaux sociaux, pour que vous les découvriez. Bien-sûr, tout le monde peut faire des photos, comme tout le monde peut aussi faire de la musique avec son ordinateur, mais le talent, ce n’est pas l’équipement !

Le 12 juillet dernier, j’étais en concert avec mon quintet au Festival de Jazz de Millau. Un très beau concert, un très beau lieu et une super équipe. Et pour ce concert, je vous présente les photos d’un très talentueux photographe : Philémon d’Andurain, que vous pouvez aussi découvrir sur sa page flickr , en espérant que vous aimerez ! 

 

Note moyenne  1 2 3 4 5fVous devez vous connecter pour voter
Ray Lema
Ray Lema
Ray Lema VSNP
Salle Millau
Scène Millau
Sylvain Gontard
Etienne Mbappe ©Philémon d'Andurain
Etinne Mbappe
Irving Acao
Irving Acao
Nicolas Vicarro
Nicolas Viccarro

à suivre , les autres photographes de l’été ….

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Été 2014

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L’été qui se fait tirer un peu l’oreille s’approche quand même de nous, avec ses festivals et pour certains de belles vacances en perspectives. Pour nous, les musiciens, ce sont les grandes transhumances des festivals en Europe et souvent également d’enregistrement en studio pour préparer les productions de la rentrée.

Je n’échappe pas à cette règle ! pour pourrez donc nous retrouver en concert le 27 juin avec 350 enfants pour le Festival des Temps Chauds à Bourg-en-Bresse, quelques concerts sympathiques prévus en piano solo en Espagne (Madrid, Malaga et Barcelone), dont je mettrai les liens très prochainement pour los amigos de España, la joie et l’excitation de retrouver mon quintet VSNP pour quelques dates en France, dont le premier sera au Festival de Jazz de  Millau le 12 juillet prochain, et puis studio début août à paris pour enregistrer l’album de notre Nzimbu project, avec Fredy Massamba, Ballou Canta et Rodrigo Viana.

Et puis , sans oublier un nouveau projet, Still Point, avec le quatuor à cordes Des Équilibres, que nous vous présenterons à l’automne.

Quelques uns de mes nouveaux choristes pour le concert du 27 juin prochain au Festival des Temps Chauds !

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Nouvel Album Ray LEMA Quintet « V.S.N.P- Very Special New production »

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Nouvel Album Ray LEMA Quintet « V.SN.P- Very Special New production »

 

 

Me voici à peine sorti de studio après une semaine intense et magique en compagnie de mes musiciens, fidèles compagnons de route, cette fois-ci embarqués dans un quintet infernal.

Avec le grand Etienne Mbappe, avec qui j’ai l’honneur et le plaisir de jouer depuis de nombreuses années, du jeune et très talentueux Nicolas Viccaro à la batterie, de « mes » deux fantastiques souffleurs, Irving Acao au sax et Sylvain Gontard à la trompette, compagnons de route eux-aussi dans l’aventure du « Saka Saka ».

« V.S.N.P-Very Special New production », en hommage au mythique quintet VSOP, the Quintet , qui avait à son époque révolutionné le Jazz. Plus modestement, nous aimerions simplement apporter notre petite pierre dans l’édifice du Jazz, avec notre petite New Production, en essayant d’y mettre une petite touche de sensibilité africaine.

Nous avons enregistré en studio, mais en condition du live, pour conserver la magie, la liberté et la joie de jouer ensemble. J’espère tout simplement que vous prendrez autant de plaisir à écouter que nous à  jouer et enregistrer pour vous.

Il va falloir attendre un peu … fin janvier dans les bacs, mais sûrement de temps en temps, nous vous mettrons un petit morceau en écoute sur mon site.

 

 

 

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1,2 avec Ray Lema « Je crois qu’il faille vraiment mettre en avant le problème culturel en Afrique »

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1,2 avec Ray Lema « Je crois qu’il faille vraiment mettre en avant le problème culturel en Afrique »

En 2006, Ray Lema retrouve deux de ses anciens compagnons : Etienne Mbappe et Francis Lassus. Leur rencontre donne lieu à un nouvel album baptisé «Paradox». Nous avons ainsi eu le plaisir de déguster ses notes nomades au cours d’un concert à l’IFC , antenne de Yaoundé. C’était le 25 mai dernier au cours du festival national des « scènes d’Ebène ». Au micro, l’artiste nous livre ses confidences alors qu’il est encore sous le coup de l’émotion…

 

en scène!

1-www.kulturoskope.com : Etes-vous satisfait de votre séjour au Cameroun, Ray Lema ?
Ray Lema : En fait c’est quelque chose que je suis en train de dire depuis que je suis là ! Dans notre Afrique à nous, le Cameroun c’est le premier pays africain en dessous du Sahara, où les gens savent écouter la bonne musique moderne instrumentale. C’est surprenant pour moi et j’aimerai y revenir plus souvent parce qu’on a besoin des gens qui savent écouter. Vous avez vu à la fin du concert, j’ai parlé de la musique du tibia ! Moi aussi je sais en jouer, seulement tout un continent ne peut pas reposer sa base musicale sur cette musique là !!!

2 –www.kulturoskope.com :c’est quoi la critique musicale que vous faites concrètement sur l’Afrique ?

Ray Lema : La critique de cette Afrique est que, les instrumentistes sont cachés derrière les chanteurs et comme ces derniers veulent tous être des vedettes, alors, il préfère viser la musique du tibia et tout le continent est obligé de se rouler dans ça…Nous avons un problème de reins !

 

avec Irvin Acao et Etienne Mbappe à la bass!!!

3-www.kulturoskope.com : Rumba, salsa, bossa-nova…D’aucun qualifient votre musique de nomade et vous quelle identité donnez-vous à votre musique?

Ray Lema : Vous savez, je suis le type de musicien qui n’a pas d’identité fixe. J’ai déjà eu à produire des gens qui font de la rumba, du reggae et je ne sais quoi encore. Mais je m’ennuis terriblement dans la mesure où je dois juste faire « doum tchak,doum tchak » pendant une heure! Je risque de m’endormir en route .Donc comme j’aime bien le reggae ;je peux en faire et même de l’assiko. Moi je suis mon cœur et j’aimerai bien que l’Afrique commence aussi à suivre son cœur. Savez-vous qu’au Cameroun seulement il ya vous avez aux 200 ethnies ?vous allez vous arrêter au bikutsi parce que c’est la commande des autres ? Du matin au soir, « tac,tac,tac,tac » ,le même son…Quand même !Moi je pense qu’il faut le vivre !

4-www.kulturoskope.com : Et si vous nous parliez de vos projets avec l’Unesco ?

Ray Lema : Ah ! II faut dire que depuis un moment, je bagarre beaucoup (rires).Je crois qu’il faille vraiment mettre en avant le problème culturel en Afrique. En occident, on dit qu’il est économique ; moi je crois qu’il est plus structurel. Donc mon projet est d’amener les gens à aimer les musiques traditionnelles. J’ai déjà glané des gens de gauche et à droite pour transcrire ces musiques sur partition pour qu’elles soient mises à la disposition des enfants dans des écoles. Il faut qu’il commence à comprendre cette musique dès le bas âge. Donc un enfant camerounais peut trouver sur sa table du béti, du douala, du bassa, du bamiléké et toutes les autres langues et du coup, nous allons avoir une génération qui ne sera plus compartimentée. Toutes ces choses seront sa culture. Donc voilà comment résumer très très fort le projet pour lequel nous avons approché l’UNESCO qui malheureusement, ne deal qu’avec les Etats. Moi je ne suis qu’un individu, on m’a répondu qu’il faudrait que l’initiative vienne de l’Etat. Voilà !

Réalisé par Fidèle Ntoogue

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Ray Lema, tout un monde !

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Ray Lema, tout un monde !

Le Mythique musicien congolais s’est produit samedi sur la scène de l’IFC de Douala.

Institut Français du Cameroun, antenne de Douala, ce 26 mai 2012. Il est un peu plus de 20 heures et le rêve de nombreux spectateurs va se réaliser, voir enfin sur scène en chair et en os, Ray Lema, fils de la République démocratique du Congo, citoyen du monde. Grâce à l’initiative du Festival de théâtre et de musiques du monde Scène d’Ebène, le musicien a, pour la première fois, foulé le sol camerounais. Douala, après deux concerts à Yaoundé, est la troisième étape musicale de l’artiste à la discographie bien fournie, près d’une vingtaine d’oeuvres, sans compter les collaborations.

Douala, c’est une ville particulière pour lui, et il le dit au public. Il l’a vécue et imaginée à travers les yeux et les sons de Manu Dibango d’abord, avec qui il a été sur les routes en duo pendant trois ans, et du bassiste Etienne Mbappe ensuite, sur scène ce soir avec lui. Pour compléter, la bande se présente sur les planches de l’IFC, le saxophoniste cubain Irving Acao et le batteur Nicolas Viccaro.

Un quartet multiculturel qui raconte bien l’histoire de Ray Lema, un être en perpétuel voyage, né dans un train, à l’aise dans tous les registres, dans toutes les vocalises. D’un bout du monde à l’autre. Pour ce spectacle, il a choisi d’être pianiste, lui qui est également guitariste, percussionniste. Et le préambule se passe de tout commentaire et de toute voix également. Juste de l’instrumental qui prend les accents d’une ballade rumba. Par ses doigts agiles et connaisseurs, l’auteur de « 99 » réveille Kinshasa la Belle de ses jeunes années. Des doigts qui au fil du spectacle, au gré des solos et des dialogues avec les autres instruments, se plongent dans la folk, le swing, le bebop, le blues mandingue, des airs couleur soleil des Antilles, créant une ambiance de carnaval créole, des sonorités latines … Même voyage autour du monde pour sa voix d’une tessiture maîtrisée, bien entendue marquée de l’empreinte si caractéristique des crooners de la rumba, mais prenant volontiers aussi les intonations d’un poète jazz, d’un griot d’Afrique de l’Ouest ou d’un chanteur de bluegrass du Sud des Etats-Unis.

Le périple a également eu lieu dans la discographie de l’artiste qui a baladé les spectateurs d’un album à l’autre, entre « Ali Farka », « Paradox », « StopTime », « Ata’Ndele », « Yalelo », « Yolele », « São Tomé », « Nalelela », « Jamais Kolonga », « Lusala », « Souira » … Des hommages à des artistes disparus, mais également à sa terre, à laquelle il dédiait ses pensées entre deux notes. Des sonorités au style feutré, jamais agressif, qui auront su trouver l’accord parfait avec le public, qui a su manifester son adhésion par des applaudissements nourris et des cris, trop heureux de découvrir un spectacle à la hauteur de la légende vivante, Ray Lema.

Rita Diba

Tribune du Cameroun 29 mai 2012

 

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Scène d’Ebène 8e édition : concert incroyable de Ray Lema à l’IFC de Yaoundé

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Scène d’Ebène 8e édition : concert incroyable de Ray Lema à l’IFC de Yaoundé

Le légendaire Pianiste africain Ray Lema a littéralement offert un spectacle phénoménal au public venu nombreux à l’IFC de Yaoundé vendredi 25 Mai 2012.

Inoubliable ! Et le mot est faible ; le pianiste d’origine Congolaise Ray Lema a complètement inondé de joie les fans venus de toute la capitale, pour le voir à l’œuvre. Plus qu’un musicien au talent incommensurable, Ray était perçu jusque là comme un mythe par la plupart des spectateurs présents vendredi dans la salle des spectacles de l’institut français de Yaoundé. Et s’ils ont pu vivre cet instant magique, c’est en partie grâce à ce jeune camerounais qui à travers son festival « Scène d’Ebène », œuvre pour la promotion de notre culture, qui n’est autre que Tony Mefe.
Annoncé pour 20h, c’est plutôt timidement que le public se ramenait. Une scène qui ne manquera pas de susciter le mécontentement de certains : « Un Ray Lema et il n’y a personne ?…Vraiment les camerounais ne connaissent plus rien de la vraie musique… », peste une dame héritée, juste à notre gauche. Que s’est-il donc passé ? Est-ce la communication qui a été mal gérée ? Ou peut-être le public devenu hostile et aurait décidé de bouder la « bonne » musique au profit de celle dite du « tibia », comme l’a si bien dit Ray lui-même ? D’aucuns craignaient le même scénario de la veille au « petit tam-tam » où le monde arrivait à compte-gouttes jusqu’après 23h. Autant d’interrogations que n’ont pu s’empêcher d’avoir la dizaine de fans arrivés plutôt, et les membres du comité d’organisation eux-mêmes presqu’impuissant face à ce constat.
Après trente cinq minutes de retard, les portes se ferment enfin mais heureusement le monde arrive au fur et à mesure ; Roblack (le présentateur du spectacle) peut alors saisir le micro et présenter la terrible équipe de Ray Lema qui aura la lourde tâche non seulement d’accompagner ce monument de la musique mondiale, mais aussi d’entretenir un public devenu exigent avec le temps.
Ils sont tour à tour cités : le jeune et très prometteur Irving Sierra acao (de Cuba) au saxophone, l’inégalable bassiste aux gants noirs Etienne Mbappè du Cameroun, et un Jeune français à la batterie.
Standing ovation pour le grand Ray Lema qui fait alors son entrée, très décontracté et avec la bonne humeur qu’on lui connait. Le voyage peut alors commencer et en jetant un petit coup d’œil derrière, on remarque la salle enfin bondée de monde.
Le quartet va arracher à chaque fois des cris et applaudissements d’un public séduit et conquis ; mais ce n’est qu’un début…
L’atmosphère culmine lorsqu’est venu le moment où chacun se lançait à une démonstration personnelle pédant son génie et la maîtrise parfaite de son instrument devant une assistance exulter comme jamais. Même Ray avait du mal à rester assis…
Plusieurs titres de son dernier album « 99 » seront joués et il marquera de temps en temps une pause pour nous servir une anecdote ou quelques leçons et explications ayant trait à sa carrière.
Après près de 2 heures de spectacles, le public en redemandait encore. Un dernier pour la route…, comme on a coutume de dire, et le très célèbre pianiste (40 ans de carrière déjà, tour du monde compris), Ray Lema peut enfin inviter ses pairs à ses côtés, l’instant d’un salut, d’un au revoir à ce magnifique public et l’expression d’une gratitude à son égard.
Il retrouvera plutard ses nombreux fans dans le hall pour des autographes et quelques photos en passant ; mais le pianiste n’aura pas le temps de souffler car il devait se produire aussi à l’Ifc de Douala dès le lendemain.

CulturEbene.com par Darysh – 27.05.2012

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Quartet au Cameroun

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Quartet au Cameroun

Merci au public camerounais pour son chaleureux accueil, et merci aux magnifiques musiciens qui m’ont accompagné dans cette aventure en Afrique où notre nouveau quartet vient d’y naître. Aux commandes : Etienne Mbappe à la basse, Nicolas Vicarro à la batterie et Irving Acao au sax. Merci au Festival Scène d’Ebène et à son directeur Tony Meffe pour nous avoir invités, merci également aux deux directeurs des Institus français de Yaoundé et Douala, Yves Olivier et Aida Sy pour leur soutien et leur accueil , et pour terminer un remerciement très spécial à Laurent Eze pour m’avoir permis de jouer sur de vrais pianos, fait assez rare malheureusement en Afrique. Ne reste plus qu’à mettre un nouvel album en route avec ces merveilleux compagnons d’aventures musicales !

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Festival des Mondes Pluriels & Cameroun

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De retour du Brésil, je serai en concert le 18 mai à 21 heures avec le Saka Saka orchestra au Festival des Mondes pluriels,  au Palais du Littoral de Grande-Synthe !

Et pour les amis du Cameroun, en quartet avec Etienne Mbappe à la basse, Nicolas Viccaro à la batterie et Irving Acao au sax, les 24 & 25 mai au CCF de Yaoundé, et le 26 mai au CCF de Douala, dans le cadre du Festival « Scène d’Ebène ».

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« Les Congolais se sont repliés sur eux-mêmes »

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À l’occasion de la sortie de son nouvel album, le pianiste Ray Lema revient sur sa musique, son pays d’adoption – la France –, mais aussi la République démocratique du Congo, où il ne s’est pas rendu depuis plus de trente ans… Sans complaisance.

Dans l’univers de la musique congolaise, Raymond Lema a Nsi, dit Ray Lema, est un cas à part. C’est le seul pianiste, et son art se nourrit de toutes les sèves du monde. En plus, il ne se prend pas pour une star, une vedette : il est tout simplement musicien. Établi en France depuis trois décennies, Ray Lema ne cesse de parcourir le monde et de multiplier les expériences avec ses frères en musique. Blues, jazz, classique, rock, rythmes congolais traditionnels ou modernes, rien ne lui est étranger. Pour lui, un instrumentiste doit faire la somme de nombreuses musiques en vue de connaître les arcanes d’un instrument. Il peut ainsi, en caressant les touches de son piano, trouver le son le plus pur, celui qui correspond à sa vision de l’art : la perfection. Dans son nouvel album, 99, Lema fait honneur à sa réputation de grand. Et son éclectisme, qui va des sons brésiliens au reggae, en passant par la rythmique congolaise ou le jazz, en sort renforcé. Et puis, en toute modestie, Ray Lema dévoile une autre facette : c’est un homme de convictions qui a horreur de la langue de bois.

Jeune Afrique : Votre nouvel album a pour titre un nombre : 99. En France, ce nombre désigne les étrangers. Qu’y a-t-il derrière ce titre ?

Ray Lema : Le nombre 99 ne s’applique pas uniquement aux étrangers qui sont établis en France. Il sert aussi à désigner les Français nés à l’étranger. J’ai choisi ce titre pour saluer ma famille 99 qui est vaste et diverse. Elle apporte beaucoup de richesses à la France, quoi qu’en pensent certains. Je dénonce un peu ce système français qui nous cause beaucoup de tracasseries. Nous avons acquis la nationalité française, nous travaillons dur, nous payons des impôts. Et nous contribuons à la richesse tant matérielle que culturelle de ce pays. Il est énervant de voir que le fait d’être 99 vous met à la merci de petits fonctionnaires qui abusent de leur pouvoir pour vous humilier sans état d’âme. D’où ce double sentiment : la fierté d’appartenir à la France et la frustration de constater qu’on n’est pas traité comme un Français à part entière.

En suivant votre parcours, on note que vous êtes parti du Zaïre, à l’époque, pour les États-Unis, avant de vous retrouver en France. Pourquoi n’êtes-vous pas resté aux États-Unis ?

Les États-Unis sont une sorte d’État-continent. Quand on y vit, on a l’impression de n’avoir aucun regard sur le monde extérieur. C’est un pays très narcissique. Le fait pour les Américains de se considérer comme les premiers au monde a une conséquence : ils ne sont pas attentifs à ce qui se passe ailleurs. Tout compte fait, ils se retrouvent non pas au centre du monde, mais plutôt à sa périphérie. Spirituellement, c’est une expérience que j’ai refusé de vivre.

Pourtant, vos racines musicales, tout en étant congolaises, sont aussi américaines…

C’est vrai. Mais elles sont également en partie européennes, parce que j’ai beaucoup travaillé la musique classique dans ma vie, arabes et asiatiques. Je suis simplement et humblement un humain qui vit de façon libre sa culture universelle. Il ne me coûte aucun effort de passer d’un mode gnawa à un mode blues, d’une harmonie classique à une rythmique traditionnelle congolaise. Lorsque j’étais le directeur musical du Ballet national du Zaïre, j’ai eu la chance de voyager à travers le pays et de pouvoir me rendre compte de son immense richesse musicale.

Dans 99, vous revenez à la musique traditionnelle du Kasaï. Qu’a-t-elle de particulier ?

L’ethnie luba du Kasaï est très importante pour moi, car elle est la seule à avoir les deux modes musicaux traditionnels. Ils ont des balafons, des sanzas, et ce sont des grands vocalistes. Du coup, les harmonies modales sont clairement énoncées. Pour diriger le Ballet national et comprendre les modes traditionnels, je me suis beaucoup fondé sur l’étude des Lubas. J’ai une dette culturelle envers eux et je ne rate pas la moindre occasion de la payer à travers mon travail.

Ouvert sur le monde, vous êtes pourtant méconnu du grand public congolais. Comment l’expliquer ?

Ce qu’on appelle la musique congolaise est le premier style musical à s’être exporté hors du pays. Les Congolais se sont repliés sur eux-mêmes, sur cette musique populaire, sans se rendre compte que le train du monde continue de rouler. Cela me dérange beaucoup. Moi qui ai travaillé avec une variété d’ethnies, qui connais leurs trésors musicaux, j’ai l’impression de n’avoir à faire qu’à une seule ethnie. La musique congolaise est basée sur trois accords. Dès que vous en ajoutez un quatrième, le chanteur est perdu parce que son oreille n’a pas été éduquée dans ce sens. C’est dommage !

Certains prétendent que la musique congolaise est en déclin. Qu’en pensez-vous?

Quand on devient artiste, on a des rêves personnels. Selon ce que je sais, il y a au Congo des artistes dont le seul rêve est d’acquérir, à Paris, une veste griffée. Je regarde cela avec beaucoup de fascination parce qu’au moment où certains jeunes rêvent d’aller sur Mars, d’autres ne pensent qu’à des fringues de marque ! C’est juste un problème d’éducation.

Parmi les objets qu’on trouve dans votre studio, il y a une photo de Joseph Kabasele Tshamala, l’auteur d’Indépendance Cha Cha. Que représente-t-il pour vous ?

Ce monsieur fait partie de mes débuts en musique. J’ai pu l’approcher. Il m’a beaucoup impressionné car il ne vivait pas la musique comme les vedettes congolaises d’aujourd’hui. Il était instruit et pouvait discuter de n’importe quel sujet avec beaucoup de maturité. C’était un humain épanoui. J’allais souvent chez lui à Limete [l’une des communes de Kinshasa, NDLR] pour discuter. Il m’a appris un tas de choses. Il reste un modèle.

Vous n’êtes plus rentré au Congo depuis trente-deux ans. Est-ce une rupture ?

Pas du tout. Je me sens toujours, sinon davantage, congolais. Mais j’aimerais pouvoir être utile au Congo sans prendre de risques inutiles.

C’est-à-dire ?

Les pouvoirs africains sont très énervés dès que vous leur posez des problèmes auxquels ils ne sont pas habitués. Ils ont alors l’impression que vous ne les aimez pas, que vous voulez les renverser… C’est là que mon côté français se manifeste. Ici, nous avons l’habitude de discuter, de poser des questions, sans haine. J’aime tourner le couteau dans la plaie sans avoir peur. En Afrique, les hommes au pouvoir sont encore très susceptibles. Ils pensent que leur tenir tête est un crime de lèse-majesté. À cause de cela, beaucoup de cerveaux africains, dans tous les domaines, préfèrent quitter le continent.

Ce que vous refusez, c’est de devenir, comme certains de vos confrères, un « griot » ?

Le griot, donc, le chantre du patron. Chanter le chef, c’est presque dans notre culture. Nous ne pouvons pas, nous Africains, refuser de nous ouvrir à la culture internationale et rester confinés dans nos réalités, surtout au niveau de la conception du pouvoir. Souvent, nos chefs pensent qu’ils sont le choix de Dieu. Du coup, le peuple se confond en salamalecs. Ce qui nuit au bon fonctionnement des pays.

Votre discours est très politique…

Ce n’est même pas de la politique. J’estime qu’à 65 ans j’ai assez vécu pour me sentir responsable. J’aimerais que nos dirigeants nous considèrent comme tels. Si vous refusez de vous prosterner devant eux, ils pensent que vous êtes un problème.

En République démocratique du Congo, la Constitution a été modifiée pour que la présidentielle soit à un tour. Il y a un grand besoin de financements extérieurs. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

De l’énervement. Je pense que le jeune homme qui est au pouvoir n’est pas au courant de la marche du monde. Il n’a aucun rêve, aucune ambition pour son pays. Je n’ai pas l’impression qu’il ait compris que c’est un pays énorme, avec beaucoup de richesses, notamment culturelles. Il ne laissera pas un souvenir impérissable aux Congolais.

À 65 ans, avez-vous encore des rêves ?

Je rêve de devenir un meilleur humain.

Sur votre album, vous avez repris Ata ndele, une chanson d’Adou Elenga qui date de la colonisation, dans une version de Mayaula Mayoni. Ata ndele signifie « tôt ou tard, le monde changera ». C’est aussi votre message ?

Je voudrais que les Congolais se mettent cela dans la tête. Il y a une autre chanson où je dis que je n’ai jamais entendu parler d’une journée éternelle. Par conséquent, il n’y a pas de nuit éternelle. La vie est faite de cette dualité : la nuit n’est belle que par rapport au jour et vice versa. Il faut vivre au lieu de subir.

Quels sont vos projets ?

Mon prochain album, je le ferai avec un orchestre symphonique brésilien. Les Brésiliens m’ont mis dans la tête que ma manière de composer sied bien à un orchestre symphonique.

À quand un concert à Kinshasa ?

Je ne cherche pas à m’imposer à qui que ce soit. Si les Congolais ont besoin de moi et qu’il y a un piano, j’irai jouer à Kinshasa. Ce sera un grand honneur et un grand plaisir.

jeuneafrique.com – Propos recueillis par Tshitenge Lubabu M.K.(01/06/2011)

 

 

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Ray Lema et les mystères du 99

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A 65 ans, Ray Lema sort ce 9 mai un tout nouvel opus : 99. Pianiste, guitariste, chanteur, compositeur, il nous offre ici un album qui délivre un message de paix et de fraternité. Composé de 13 titres, 99 est le reflet du multiculturalisme de son auteur, et s’y croisent harmonieusement rythmes du Congo, reggae, rock, jazz, rumba… A Paris, l’artiste se produira sur les scènes de la Bellevilloise le 11 mai, à l’occasion du Festival « l’Afrique dans tous les sens », et au Musée du Quai Branly, le 28 mai.

Raymond Lema A’nsi Nzinga, alias Ray Lema, est un musicien français d’origine congolaise, né le 30 mars 1946 à Lufu-Toto dans le Bas-Congo (RDC). A 11 ans, il entre au petit séminaire de Mikondo, à Kinshasa, avec la ferme intention de devenir prêtre. Au fil du temps, il finit par découvrir la musique à travers Mozart, Bach et le chant grégorien. Toujours en quête de nouveautés et d’inspiration, sa vocation religieuse s’est transformée en une réelle vocation pour la musique. Depuis, Ray Lema a su tisser sa toile musicale et n’a cessé de sillonner la planète et d’enrichir son travail. Un mélange de sonorités africaines et du monde. Entretien.

Afrik.com : Vous avez titré votre nouvel album : 99. Qu’est-ce que cela signifie ?

Ray Lema : 99, c’est le matricule de tout Français né en dehors du territoire. Cet album, c’est un tas d’influences. Les Etats-Unis ont une diversité qui est totalement assumée alors que la France tente de la camoufler. Les Français sont sortis de chez eux pour nous coloniser, maintenant ils doivent assumer tout ce réassemblage et inventer une France à la grandeur de son peuple. Nous avons affaire à une pâle copie de l’Amérique. Ils ne pourront jamais rivaliser avec les Américains, il n’y a pas la même forme d’énergie. La chanson numéro 5 s’appelle aussi « 99 », c’est une dédicace à cette France. Et malgré ce que peut dire Marine le Pen, c’est ça la vrai France. A travers ce titre je salue tous mes frères français « 99 ». Nous parlons diverses langues mais nous sommes tous Français.

Afrik.com : Vous semblez être un chanteur très engagé !

Ray Lema : Et je le suis ! Je pense qu’aujourd’hui il y a tellement de problèmes, que l’on devrait simplement faire attention à son prochain. Mais depuis trente ans que je suis ici, le plus gros changement a été que les gens se sont repliés sur eux-mêmes au lieu de s’ouvrir aux autres. Les écarts entre les riches et les pauvres deviennent plus profond. A force de tirer un élastique, il finit par lâcher et ça fait mal.

Afrik.com : Expliquez-nous ce que veut dire « Losako », le titre du premier morceau de votre album.

Ray Lema : « Losako » veut dire bonjour en Lingala. C’est une langue bantoue parlée en République démocratique du Congo. A travers ce morceau, je passe un bonjour au monde entier et surtout à l’Afrique car j’ai parfois l’impression que l’on ne salue l’Afrique que lorsqu’il y a une énorme catastrophe, sinon les médias s’en foutent. D’ailleurs, le morceau numéro 6, « Les oubliés », fait allusion à cet oubli. Il y a eu 3 millions de morts au Congo, sans compter le nombre considérable de viols, mais personne ne réagit. Nous faisons face à une incompréhension face à la communauté internationale qui préfère s’occuper de deux égos démesurés comme Gbagbo et Ouattara qui font tuer leur peuple.

Afrik.com : Que pensez-vous de la situation en Côte d’Ivoire ? Et en Libye ?

Ray Lema : Je suis un croyant sans religion, et quand on est croyant on croit à la compassion, au partage et à l’amour. L’attitude de nos dictateurs qui essaient de garder un pouvoir ne rend service ni à eux, ni à leur peuple. Ils freinent un tas de talents et se freinent eux-mêmes. On ne nait pas dictateur, on le devient. Aucun des deux n’aime vraiment son pays. Si c’était le cas, il aurait fallu que Gbagbo ou Ouattara abandonne son combat pour l’amour d’un peuple. En Libye, je peux encore comprendre l’affolement d’un Kadhafi, mais quand je vois que son fils prend la parole à sa place une fois encore on voit jusqu’où va la dictature. Et honnêtement l’Afrique ne mérite pas ça.

Afrik.com : Dans votre album, vous dites « I do know now ». Alors, que savez-vous maintenant ?

Ray Lema : Je ne comprends pas la mentalité tribale. Je ne parviens plus à comprendre le but de certains albums comme le reggae. C’est toujours le même rythme du début à la fin de l’album, le rock pareil, etc. Pourtant, j’aime le reggae, le rock et toutes ces musiques devant lesquelles je suis en admiration. Mais c’est la même chose à chaque chanson, alors que d’une chanson à une autre j’aime aller dans mes amours, changer de chapitre. Donc au final, je ne sais pas … (il sourit).

Afrik.com : Vous racontez l’histoire de Leïla. Qui est-elle ?

Ray Lema : Je raconte l’histoire d’une femme que j’ai aimée. Mais je me suis laissé distraire par une autre femme et c’est seulement après avoir perdu Leïla que je me suis rendu compte à quel point c’était la personne qu’il me fallait. Le mâle est plus facilement distrait que la femelle. Il ne suffit de rien pour faire déraper l’homme et ce n’est qu’après s’être laissé tenter qu’il s’apitoie sur son sort. L’amour est plus haut que le sexe.

Afrik.com : Revenons un peu sur votre enfance. A 11 ans, vous souhaitiez devenir prêtre. Comment est-ce possible à un si jeune âge ?
Ray Lema :
Je ne sais pas, c’est venu comme ça. Pourtant, mes parents ont essayé de m’en dissuader. Je vous avoue qu’aujourd’hui je suis encore plus croyant qu’à ce moment-là, mais avec la particularité d’être sans religion. Dès la première semaine, on testait les enfants sur beaucoup de domaines dont la musique. On m’a alors évalué en musique et ils n’arrivaient pas à croire que je n’en avais jamais fait auparavant. J’ai eu une facilité à jouer à des instruments. Dès la première semaine au séminaire, j’ai appris le grégorien, le chant liturgique officiel de l’Église catholique romaine.

Afrik.com : Etait-ce pour vous une révélation ?
Ray Lema :
Ca faisait partie de ma vocation de prêtre. Mais au fond, ai-je vraiment voulu devenir musicien ? A cette époque, je suivais ce que l’on m’ordonnait de faire et tous les jours je devais jouer au piano et à l’orgue. On m’interdisait de jouer au foot et à d’autres jeux. J’imaginais la vie des vedettes, mais je n’arrivais pas à m’imaginer à leur place. J’ai toujours ce côté séminariste en moi. J’ai trouvé ce métier exaltant sur le plan spirituel.

Afrik.com : Vous vous êtes finalement dirigé vers la musique…
Ray Lema :
Oui, et Gérard Kazembe a été le premier à m’avoir engagé en tant que guitariste. Il m’a beaucoup appris mais je ne suis pas resté très longtemps, car je me produisais en boîte de nuit et le monde de la nuit c’est l’heure où les humains sont un peu débridés.

Afrik.com : 1968 signe vos débuts kinois avec le « Baby national ». Parlez-nous de cette époque.
Ray Lema :
C’est la présidence qui m’avait remarqué en boîte de nuit. Ils m’ont demandé de former un orchestre capable de relever le niveau de la musique congolaise. Ils m’ont donné les moyens pour réussir à former ce groupe et relever le défi. Mais je n’étais pas encore assez mûr pour prétendre être un bon chef d’orchestre de musique populaire. Ce n’était pas dans la philosophie de la musique populaire d’alors. Ça n’a pas été une grande réussite. Mais en 1974, le gouvernement m’a demandé de monter et de diriger le ballet national du Zaïre. Le but était de faire passer des castings dans tout le Congo. L’enjeu était de taille, à cette époque, dans un pays qui fait quatre fois et demi la France. C’était une chance d’avoir les moyens de réaliser ce pari, surtout pour le jeune musicien que j’étais. C’est le moment qui a changé le cours de ma vie. En 1979, j’ai quitté l’Afrique pour les Etats-Unis où j’ai enregistré mon tout premier disque : Koteja . C’est un album qui s’est fait très rapidement. Un jour, un monsieur est venu m’écouter en concert et a fini par tombé amoureux de ma voix. Il avait un studio et il tenait absolument à ce que j’enregistre ce qu’il a entendu sur scène. C’est comme ça que l’on a enregistré Koteja.

Afrik.com : C’était alors le début d’une carrière internationale. Mais pourquoi êtes-vous venu en Europe ?
Ray Lema :
Une chose m’a fortement déplu aux Etats-Unis, les gens vivent dans un monde fermé. C’est pour cela que j’ai voulu aller en Europe. Mais comme je suis issue du Congo-Belge, j’ai d’abord dû passer par la Belgique avant d’atterrir en France.

Afrik.com : Vous êtes en froid avec votre pays, la République démocratique du Congo. Vous y avez même été interdit. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Ray Lema :
A un certain moment, je n’arrivais plus à la fermer et je disais les choses qui dérangeaient. C’était du temps du président Mobutu, et entre lui et moi il n’y avait pas photo ! C’était moi qui devais dégager. C’est le seul malaise qu’il y a eu, les gens pensent que j’ai été poursuivi, mais non. Des amis me disaient que j’avais un franc-parler qui commençait à gêner. Depuis, je parle comme je veux car je suis en France. Mais bientôt j’y retournerai, j’ai bien envie de rentrer.

Afrik.com : D’après vous, que manque-t-il à l’Afrique pour exporter sa musique ?
Ray Lema :
Vu d’ici, on ne se rend pas forcément compte du potentiel de l’Afrique, c’est un énorme continent. Je préfère parler du Congo. J’ai eu l’occasion de faire le tour de ce pays. Il y a plus de 250 différentes ethnies et une question se pose : comment créer une musique dans un pays comprenant plus de 250 dialectes ? La barrière de la langue et les divisions culturelles en Afrique sont un problème. Il faut que l’on s’asseye et que l’on pense à comment créer des nations culturelles. L’exemple est de même pour l’Angola, le Zimbabwe et pour tous les pays d’Afrique. Si on ne résout pas ce problème, on restera dans la merde dans laquelle nous sommes. Aujourd’hui, l’Afrique c’est des pays mais aucune véritable nation.

lundi 9 mai 2011 / par Fouâd Harit (Afrik.com)

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99- L’autre mondialisation de Ray Lema

En passant

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99- L’autre mondialisation de Ray Lema

Paris -09/05/2011 – Avec son nouvel album, 99, le pianiste congolais Ray Lema quitte l’intimité du solo et du trio pour rejoindre les rangs d’un grand orchestre. Avec son titre, 99, un numéro qui désigne en France tous ceux nés hors du sol national, il réfléchit en musique aux conséquences de la mondialisation, aux identités africaines et françaises… L’occasion de rêver d’un monde meilleur, plus tolérant et plus métissé.

RFI Musique : Après plusieurs années dans des formules intimistes en solo ou en trio, vous avez fondé en 2009, l’orchestre Saka Saka… Pourquoi ?

Ray Lema : Il s’agit d’un retour à ce que je faisais dans les années 1980. Avec ma période piano solo et trio, plein de gens ont commencé à me prendre pour un intello ! Donc j’ai voulu revenir à une musique plus proche du peuple, du corps et de la danse ! « Saka Saka » désigne un plat à base de manioc. Ce disque s’impose comme un véritable melting-pot musical. S’il y a une forte base congolaise, tu ne sais finalement pas trop de quel pays le son vient ! Il y a deux chanteurs congolais, deux Françaises, des cuivres cubains, un batteur et un bassiste camerounais, un tromboniste américain, un guitariste brésilien… Bref ! C’est le grand mélange, reflet de notre époque actuelle !

Que signifie ce numéro, « 99 », votre titre ?

Il s’agit d’un clin d’œil à mon matricule. En France, le numéro 99 désigne ceux qui sont nés ailleurs : tous dans le même sac ! Pour une fois, je me suis dit que j’allais assumer avec fierté ce vaste fourre-tout, auquel j’appartiens. Au quotidien, dans les rouages de cette grosse machine qu’est l’administration française, ce chiffre constitue une source constante d’agacement : entraves, chipotages, questionnements…

La mondialisation dont vous parlez en prologue de ce disque constitue-t-elle, selon vous, un rapprochement ou un éloignement des cultures entre elles ?

Je pense qu’il s’agit d’un phénomène bipolaire. Avec la mondialisation, la planète se rapetisse par l’accroissement des moyens de communication. En même temps, les identités deviennent de plus en plus crispées, les communautés se resserrent, le petit être humain se sent menacé par ses lointains ou proches voisins… Enfin, j’ai la ferme certitude que nous assistons à une sorte de nivellement des cultures ! A cause de leur agressivité artistique, les Etats-Unis sont en train d’harmoniser toutes les cultures mondiales. Ainsi, la France s’américanise de plus en plus, tout entière éprise de la gestuelle et de la créativité outre-Atlantique. Un grand pourcentage de groupes hexagonaux chante en Anglais !

Sur le continent Africain, on assiste aussi à une sorte de disparition des bases culturelles ?
En Afrique, c’est encore plus tragique : carrément catastrophique ! Avec l’exode rural, l’accès à la télévision et au confort, les gens se fascinent totalement pour l’Occident ! Nos chefs d’Etat considèrent les problèmes du continent d’un simple point de vue économique et matériel, alors que la solution passe par la culture et l’éducation. Les Africains ne sont même pas conscients de leur richesse musicale énorme, celle que le monde entier leur envie ! Or, un peuple qui ne connaît pas ses trésors conduit à tous les désastres.

Dans votre avant-dernier titre, Ata Ndele, vous récitez la litanie des grands leaders panafricains (Thomas Sankara, Kwame Nkrumah, Nelson Mandela…). Une façon de dire qu’une autre Afrique est possible ?
Ata Ndele signifie « tôt ou tard ». Tôt ou tard, l’Afrique devra se réveiller ! Sur ce continent, nous avons eu de grands hommes qui ont su rêver très fort ! Aujourd’hui, nos présidents ne rêvent plus, l’Afrique ne rêve plus, aucun programme de société ne permet de viser la moindre utopie… Vous connaissez les Sapeurs du Congo ? La Sapologie, cette « science du vêtement » initiée par Papa Wemba ? Les jeunes font des concours pour savoir lequel est le mieux fringué, le plus « griffé » ! Maman ! En voilà une ligne de vie !!! Tandis que certains rêvent d’aller sur Mars, en Afrique, on rêve d’attraper des chaussures Yves-Saint-Laurent ! A mon âge, il y a de quoi se taper la tête contre les murs !

Retour en France : quelles solutions y’aurait-t-il, selon vous, pour avoir une vraie identité musicale ?

Ce pays devrait assumer sa multi-culturalité ! Dans les rues de Paris, résonnent une infinité de rythmes. Des jeunes jouent de la salsa, de la samba, du mandingue… comme personne ! Et tous ces petits mondes-là se rencontrent ! Mais les médias les ignorent vigoureusement et préfèrent nous rebattre les oreilles avec Ben L’Oncle Soul, contre qui je n’ai rien, notez, à part ce matraquage incessant ! Ici, les médias ou les maisons de disque cloisonnent : chanson française/pop-rock/jazz/hip-hop… Et tout le reste, c’est « 99 », autrement dit « musiques du monde ». C’est aberrant ! Alors parfois, pour se donner bonne conscience, ils sortent des artistes tels Amadou & Mariam, ou mettent en avant tel joueur de kora magnifique, mais difficile à écouter plus de vingt minutes, tellement c’est ethnique… Forcément, le public français trouve cela « mignon », sans plus. Ainsi, ces décideurs artistiques nous servent de temps en temps une certaine idée de l’Afrique, loin d’être représentative… Donc, tu serres les dents, tu tapes du pied, et t’attends que cela passe, car cela finira forcément par passer. Il faut vraiment que la France se décrispe, et regarde ses identités plurielles en face : il y a moyen de servir une musique géniale, plus qu’explosive et tout à fait rentable.

Anne Laure Lemancel (RFI)

 

 

 

 

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99 – Mondomix

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Ray Lema donne du sens depuis une trentaine d’années à l’idée communément reprise aujourd’hui du Local/Global. Ancré dans les traditions musicales de son Congo (RDC) natal et plus largement de son continent qu’il a arpenté au fil des rencontres de sa carrière, il tisse un discours de fraternité qui dépasse les océans. Son dernier album tout simplement 99 ne fait référence à aucune prophétie apocalyptique passée de date, mais au code attribué par l’administration française à ses concitoyens né hors de ses frontières et aux étrangers qui vivent sur son territoire. C’est au cœur de ce département fictif à la préfecture sans nom, qu’il nous donne rendez-vous. C’est en s’appuyant sur ces Français d’ailleurs, sur ces Etrangers de partout, qu’il tient à revigorer son propos en laissant s’exprimer chacune de facettes qui composent cet ensemble original. Cette humanité disparate où même les Français de France ont au final leur place.
Accompagné par Etienne Mbappe à la basse, Conti Bilong à la batterie, Rodrigo Viana à la guitare, une petite section de cuivres et quelques choristes dont Cathy Renoir, Ray Lema compose un album où les langues et les influences se côtoient et réagissent entre elles, participant à l’unité de l’ensemble. Il invite Chico César, un des hérauts de la jeune génération brésilienne qui comme lui compose en s’appuyant sur les musiques de tradition ou la chanteuse Anouk Khelifa remarquée sur les premiers albums de la Mano Negra. Chanté en Français, Les Oubliés de Kivu revient sur les massacres perpétrés à la charnière des siècles dans cette région frontalière du Rwanda. D’une voix douce posée, Ray Lema semble regretter de ne pas avoir su assez crier. « Quelques lignes infimes pour des crimes infâmes, tout un peuple infirme et les larmes d’une femme. Quelques mots infimes pour des fautes infâmes, la conviction intime d’un immuable drame. Dis-moi toi qui sais pourras-tu un jour me pardonner… »
Squaaly (Mondomix – 06/05/2011)

 

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