Ouro Preto – Brésil

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En Août 2011, je suis allé faire des concerts à Belo Horizonte, capitale de l’Etat de Minas Gerais au Brésil, en duo avec mon ami Chico César. Avec quelques amis, nous sommes allés à Ouro Preto, situé à environ 01h30 de route de la capitale. J’y tenais particulièrement  car je savais que la région, très riche à son époque à cause des mines que renferme le sous-sol, avait également été un des gros pôle du trafic d’esclaves au Brésil, principalement originaires de la région de l’ancien Royaume du Kongo. Peu de gens le savent, car on parle plus généralement des Yorubas, qui ont également peuplé le Brésil, mais le Bassin du Congo a lui aussi lourdement et tristement contribué à la population du Brésil.

J’ai été profondément ému de fouler le sol de cette ville, de pénétrer dans cette Mine (je n’en n’ai visité qu’une seule …)  où ont souffert et sont morts tant d’êtres humains dans des conditions proprement inhumaines. Les maisons de la ville sont très belles et les églises, resplendissantes et couvertes d’or, témoignent également de la capacité de l’humain à inventer et créer de belles choses. Mais je ne peux regarder ces belles maisons et ignorer que dans les sous-sols de ces si belles bâtisses  étaient parqués et enchaînés dans des caves insalubres et surpeuplées, ceux-là mêmes qui exécutaient la construction de ces chefs d’oeuvre de l’art baroque, aujourd’hui classés « Patrimoine Mondial de l’Humanité »

Ce qui me frappe particulièrement, au-delà de l’ignominie que représente l’esclavage, et quel que soit le peuple qui en est la victime, c’est l’amnésie générale qui a ensuite frappé les deux Congos, qui sont pourtant si proches avec ces brésiliens qui eux, sont toujours à la recherche de leurs racines. 

J’ai été choqué, de voir que jusqu’aujourd’hui, il ne soit fait aucun hommage, aucune mention de ces centaines et centaines de milliers d’humains qui ont souffert et péri, exploités par d’autres. 

 
 
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